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Benjamin Ombe : le tracking n’est pas une approche efficace pour lutter contre les fake news

Pour analyser et comprendre les contours de l’étude disponible depuis le 25 mai 2020, dans un contexte mar­qué par la prolifération des fake news, l’auteur apporte ici des éclairages.

Propos recueillis par Léger Ntiga 

Quelle appréciation vous faites des résultats de cette deuxième édition de l’IPCD ? 

L’indice de perception de la communication digitale (IPCD) des institutions a amorcé une courbe positive passant de 38,17 en 2018 à 41,59 en 2019 soit une croissance de 3.93% sur la période sous-revue (2018-2019). Cela démontre que les administrations publiques prennent déjà progressivement conscience de l’importance de communiquer via les canaux digitaux (site web et réseaux). Toutefois, des efforts considérables sont encore à fournir. Il est difficilement compréhensible qu’à la troisième décennie du 21ème siècle, sur les 100 administrations publiques évaluées, près de 25% ne disposent pas d’un site internet pour ne prendre que ce critère. Il faut s’adapter ou évoluer en marge de la société de l’information à laquelle nous vivons.

Face à la propagation des fausses informations (fake news), le gouvernement à travers l’ANTIC semble avoir opté pour le tracking. Qu’est-ce que vous préconisez ?

Effectivement, cette édition est placée sur le thème « communication institutionnelle et médias sociaux : libérer la parole pour lutter contre les fake news ». Le fléau est plus que jamais présent dans notre société et a un impact négatif sur l’image du pays sans compter les conséquences que peuvent entrainer une fausse information dans les prises de décisions quotidienne des citoyens. Le gouvernement devrait à cet effet, s’attaquer méthodiquement à cette problématique. Pour y faire face, dans le cadre de cette étude (même la première édition) nous avons formulé un ensemble de recommandations parmi lesquelles l’adoption d’une charte gouvernementale de la communication digitale. Avec cette charte, le gouvernement aura une identité numérique unique et reconnue par l’ensemble de la population. Ainsi, les internautes (citoyens) seront donc capables d’identifier aux côtés des faux comptes, les vrais comptes des personnalités et des institutions. Le tracking n’est pas une approche efficace pour lutter contre les fake news. Pour identifier le vrai du faux, le vrai doit formellement exister. C’est le principe. Il sera bénéfique pour le gouvernement d’adopter une stratégie harmonisée, cohérente pour lutter contre les fausses informations. L’urgence est là. Le contexte s’y prête.

Qui constitue la cible de ce travail et quel en est le but ?

Les administrations et personnalités évaluées constituent le cœur de cible de cette étude. Plus globalement, il s’agit d’un outil d’aide à la décision et d’un plaidoyer à destination des décideurs, des institutions et des entreprises dans le but de démocratiser l’accès à l’information à travers les canaux digitaux de communication.

Comment comprendre les notes attribuées à chaque institution et personnalité ?

Cette question nous permet de clarifier la compréhension des moyennes attribuées. L’évaluation des personnalités est basée sur une composante (Personnal Branding) et 08 Indicateurs Objectivement Mesurable (IOM) et celle des institutions sur trois (03) composantes (site web, réseaux sociaux et e-reptation), 28 indicateurs et 40 sous-indicateurs objectivement mesurables (IOM). Pour comprendre la moyenne et le classement d’une entité, il est important de prendre en compte la note de chaque indicateur contenu dans la « fiche profil » en annexe du rapport. Chaque entité devrait donc se baser sur sa fiche profil pour mieux apprécier sa moyenne et son rang afin d’identifier sur quel segment agir pour appliquer les réformes.

Essingan N° 342 du mercredi 03 juin 2020

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