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Lutte contre les fake news : l’urgence d’une charte gouvernementale

Le cabinet d’innovation tech­nologique et d’intelligence stratégique, Knowledge Consulting vient de rendre publique, la deuxième édi­tion de son rapport d’étude portant sur l’Indice de per­ception de la communication digitale (Ipcd) des institu­tions et personnalités pu­bliques camerounaises. Le document est réalisé, dans un contexte marqué par la prolifération des fausses in­formations sur les réseaux sociaux. Des pratiques ampli­fiées depuis le déclenche­ment au Cameroun, comme ailleurs dans le monde de l’infection à Coronavirus. Et pourtant, au regard des ré­sultats de l’Ipcd, les institu­tions et personnalités camerounaises ne brillent toujours pas par l’appropria­tion des outils digitaux de communication. D’où l’impé­rieuse nécessité de codifier le fond et la forme dans l’usage de ces outils de communica­tion digitale devenue incon­tournable.

Par Léger Ntiga

La propagation des « fake news » donnent les insomnies aux autorités camerounaises. Dans une correspondance datée du 02 avril 2020, le Directeur du Cabinet Civil (DCC), Samuel Mvondo Ayolo, interpellait le Directeur Général de l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) sur le phénomène notamment en cette période de la pandémie à coronavirus. « Depuis la survenue du COVID-19 au Cameroun, il a été constaté une augmentation exponentielle des faux comptes des institutions et des personnalités dans les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en particulier. La désinformation sur la gestion de la pandémie du coronavirus au Cameroun et sur l’image du pays se fait d’avantage en ligne », alertait le DCC. Par conséquent, en guise de première mesure pour combattre le fléau, Mvondo Ayolo instruisait à l’ANTIC  entre autre mesures de « …traquer avec le concours des autorités compétentes l’ensemble des usurpateurs d’identité dans les réseaux sociaux, les propagateurs de Fake news préalablement identifiés ».

Si le constat fait par le DCC sur la propagation des fake news et son impact négatif sur l’image du pays est plus que pertinent, la stratégie proposée ne semble pas être efficace. C’est du moins la substance de ce qui ressort de la deuxième édition du rapport d’étude sur l’indice de perception de la communication digitale (IPCD) des institutions et personnalités publiques camerounaises rendu public le 25 mai dernier par le cabinet Knowledge consulting. Placé sur le thème : « communication institutionnelle et médias sociaux : libérer la parole pour lutter contre les fake news », le rapport préconise l’adoption d’une charte gouvernementale sur la communication digitale comme option pérenne pour lutter contre la diffusion des fausses informations et l’usurpation des identités des institutions et personnalités publiques. « Avec une charte gouvernementale, le pays aura une identité numérique reconnue par l’ensemble de la population. Ainsi, les internautes (citoyens) seront donc capables d’identifier aux côtés des faux comptes, les vrais comptes des personnalités et des institutions. Il sera bénéfique au gouvernement d’adopter une stratégie harmonisée, cohérente pour lutter contre les fausses informations », explique Benjamin Ombé, l’auteur du rapport. « Techniquement, l’option choisie à savoir traquer les usurpateurs des identités ne sera pas efficace sur le long terme. Même les pays les plus outillés technologiquement n’ont pas réussir à lutter contre les fake news par le tracking sur le cyberespace. Ça sera une perte de temps et le mal ne va que s’aggraver impactant de ce fait l’image du pays », renchéri le Directeur exécutif du cabinet Knowledge Consulting.

Usurpateurs des identités

«Techniquement, l’option choisie à savoir traquer les usurpateurs des identités ne sera pas efficace sur le long terme. Même les pays les plus outillés technologique­ment n’ont pas réussir à lutter contre les fake news par le tracking sur le cyberespace. Ça sera une perte de temps et le mal va que s’aggraver impactant de ce fait l’image du pays», ren­chéri le Directeur exécutif du ca­binet Knowledge Consulting. En ce qui concerne les résultats de l’étude, l’indice global des institu­tions (100) a connu une courbe haussière passant de 38,17 en 2018 à 41,59 en 2019 soit une évolution globale de 3,93. De façon spécifique, les trois critères (site web, réseaux sociaux, e-ré­putation) utilisés pour évaluer la catégorie «institution publique» enregistrent des performances positives. L’indice global de la composante site web est passé de 45,15 en 2018 à 47,46 en 2019.

Même tendance en ce qui concerne les réseaux sociaux dont la moyenne générale est passée de 40,61 en 2018 à 42,36 en 2019. Constat similaire pour la composante e-réputation qui a enregistré un indice de 34,81 en 2019 comparativement au 29,89 enregistré en 2018. «Bien que l’indice des trois composantes reste encore en deçà de la moyenne (50/100), les améliora­tions observées témoignent d’une tendance positive et irréversible pour les prochaines années», ex­plique Benjamin Ombé, auteur du rapport. Si les institutions s’arri­ment positivement à la tendance de la communication digitale, les personnalités publiques (minis­tres, membres du gouvernement) sont encore à la traîne.

Leur niveau d’usage par rapport à l’édition précédente a reculé pas­sant de 38,1 en 2018 à 26,40 en 2019. En guise de recommanda­tions, Knowledge Consulting invite les autorités camerounaises à oeu­vrer pour la professionnalisation de l’accès à l’information via les supports numériques ceci à tra­vers: la création d’un conseil na­tional du numérique, l’adoption d’une charte gouvernementale sur la communication digitale, la créa­tion des cellules de veille straté­gique et le renforcement des capacités. Des propositions qui fi­gurent déjà dans la première édi­tion de l’étude et donc l’implémentation tarde à prendre corps.

Essingan N° 342 du mercredi 03 juin 2020

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